1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Vue de l’exposition 1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié, commissariat Ida Soulard, image/imatge centre d’art, novembre 2022 © Théo Bernard

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Woman working on an Enigma decryption machine, called a "bombe", environ 1940, source: Wikipedia

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Tyler Coburn, Sabots (2016), two ABS shoes 3D-printed at a “lights out” factory,
courtesy the artist

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Lauren Huret, Breaking the internet, image extraite du film, 24’, couleur, HD, 2017 © Lauren Huret

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Hana Miletić, Softwares, 2019, courtesy de l'artiste et de la galerie LambdaLambdaLambda

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Ulla Von Brandenburg, Parasol, 2019
Tissu, métal, Courtesy de l’artiste et de la galerie Art Concept, Paris

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Diane Cescutti, Nosukaay 2022, Installation multimedia, câble, mèches synthétiques, cotton, PLA, bois © Diane Cescutti

1833 : une jeune fille, une machine et leur amitié

Diane Cescutti, Tyler Coburn, Guy de Cointet, Hana Miletić, Lauren Huret, Ulla Von Brandenburg et les films de Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Laura Huertas Millán, Lisa Rovner

19/11 – 18/02/2023

Commissaire de l’exposition : Ida Soulard

En 1833, Ada Lovelace (1815-1852) rencontre la Machine Analytique de Charles Babbage (1791-1871). Au cœur de cette histoire d’amitié entre celle que l’on surnomme la « reine des machines » et la première calculatrice programmable, se trouve un objet technique, la carte perforée, et une promesse, celle de l’automatisation. Cette dernière permit plusieurs révolutions : musicales (des premiers orgues de barbarie à la musique électronique), textile et industrielle (le métier Jacquard) et informatique (de la machine à calculer de Babbage aux premiers ordinateurs IBM). Lorsqu’elle pénètre les ateliers textiles européens, la carte perforée les transforme en lieux équivoques : des laboratoires de l’économie moderne où se fomentèrent, dès lors, luttes et révolutions, des luddites britanniques aux canuts lyonnais.

Avec la carte perforée, l’histoire textile et l’histoire informatique ont totalement convergé. Le tissage est un art de règle et de code, produisant des images programmées. Au début des années 1990, Sadie Plant, une des grandes représentantes du cyberféminisme, dans son ouvrage Zeros and Ones, faisait alors bifurquer le genre de la technique : la femme digitale connectait féminisme, textile et technologie de l’information. Le cyberespace se rêvait comme le lieu d’une possible libération des genres.

Les textiles, qu’ils soient tissés, brodés ou cousus, font partie des formes industrielles les plus adaptées à la logique du capital (par son abstraction codifiée qui facilite sa reproduction mécanique). Sous leur forme vernaculaire, ils peuvent échapper au marché et à l’œil du pouvoir. Ils peuvent exister au premier ou au second plan, attirer le regard ou disparaître, faire preuve de camouflage, être pliés, cachés, portés, accrochés. Les œuvres présentées dans cette exposition sont à la fois mutiques et encodées de significations multiples. Si l’on sait les regarder, elles racontent des histoires stratifiées, individuelles et collectives, de luttes, ouvrières, féministes, et de résistances.

Cette exposition s’inscrit dans la continuité du programme Points de liage sur échiquier perforé co-construit avec les associations COOP (Uhart-Cize) et la réciproque (Hasparren).
Nous remercions les artistes, les galeries LambdaLambdaLambda (Bruxelles) et Art :Concept (Paris) ainsi que le Frac Champagne-Ardenne (Reims) pour le prêt des œuvres.

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