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Christian Boltanski

Né en 1944 à Paris (France), il vit à Malakoff (Hauts-de-Seine). Les oeuvres présentées, sont issues du Frac-collection Aquitaine, Bordeaux.

Après des débuts de peintre (1958 à 1967), Christian Boltanski détourne dans un film le genre autobiographique (La Vie impossible de Christian Boltanski, 1968), inaugurant la série de ses premiers travaux (films, livres, photographies, performances...) bâtis autour des notions d’enfance, de mort et de biographie. Entre tragique et grotesque, théâtre comique et étude sociologique, mystification et réalité, Christian Boltanski élargit peu à peu ces reconstitutions biographiques, menées tant sur-le mode du dérisoire parodique (Saynètes comiques, 1974) que de l’investigation scientifique (Les Vitrines de référence, 1972-1973).
L’Album de la Famille D. (1971) inaugure une série d’enquêtes autour d’anonymes disparus (Inventaires) dont la personnalité serait enfermée dans leurs objets quotidiens ou les clichés banals de vies ordinaires que l’artiste s’approprie : ici encore, fiction et simulation côtoient l’apparente rigueur épistémologique, mêlant les champs privés et collectifs, avec une connotation tragique où l’horreur se précise parfois (faits divers collectés dans le journal à scandale Détective, 1972).
Christian Boltanski s’auto-élimine de son œuvre fin 1975, au profit d’images déchargées d’émotions, explorant les codes culturels et le goût. Des images modèles aux compositions, ces photographies en couleurs parodient la peinture, s’intéressent à la répétitivité et au joli, démontrent l’absurdité de toute expression artistique.
En 1984, Boltanski renoue avec les portraits d’anonymes et le problème brûlant de la mémoire, aborde la question du monument, avoue, sans la citer, son obsession de la Shoah. Les Leçons de ténèbres, marquées de symbolisme religieux, ouvrent sur des installations théâtrales, baignées d’un clair-obscur tragique : paysages désolés de vêtements usagés (Canada, Réserve...) ou accumulation de boîtes en fer blanc avec retirages de portraits en noir et blanc sont deux aspects récemment privilégiés par cette-œuvre qui s’intensifie en morbidité au-fur et à mesure qu’elle gagne en puissance.

« Une grande partie de mon activité est liée à l’idée de biographie, mais une biographie totalement fausse et donnée comme fausse avec toutes sortes de fausses preuves. On peut retrouver ceci dans toute ma vie : la non-existence du personnage. »


La Grande Histoire ayant disparu, ne restent que les petites histoires, celles que se raconte Christian Boltanski dans la série des Saynètes comiques, entre 1974 et 1975. Dans ces tirages photographiques noir et blanc, coloriés au pastel et légendés à la gouache, l’artiste fait intervenir plusieurs personnages dont il joue lui-même les rôles. Il mime, d’une manière volontairement dérisoire et ridicule, des souvenirs communs d’enfance, par exemple, la visite du docteur, ou encore la mort du grand-père.

Repères
- Christian Boltanski, catalogue d’exposition, musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris, 1984.
- Alain Fleischer et Didier Semin, « Christian Boltanski, la revanche de la maladresse », art press, n°128, septembre 1988, pp. 4-9.
- Marc Vaudey, « Christian Boltanski : qui sont ces enfants-? », Artstudio, été 1991, pp.-102-111.
- Lynn Gumpert, Christian Boltanski, Flammarion, 1992.
- Christian Boltanski, Kaddish, catalogue d’exposition, musée d’Art moderne de la-Ville-de Paris, 1998.

Notice Frac-collection Aquitaine, Bordeaux, extraits Le Livre, édition Le Festin, 2001.