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Las rutas de la pasión — Antonio Caballero

Las rutas de la pasión — Antonio Caballero

Javier Rizzo y Silvia Suáres, 1980 — courtoisie galerie Polaris

Exposition du 12 juin au 22 juillet 2009

Discussions et verre de vin avec bernard Utudjian, galeriste de l'artiste, jeudi 11 juin à partir de 18h30, suivi du vernissage.

Antonio Caballero est un photographe mexicain, né en 1940, qui dans les années 50-60 travaillait pour des revues, en reportage, images de mode et à partir des années 70 pour des romans-photos. L’imagerie populaire et les codes picturaux diffusés par les romans-photos sont emblématiques, parfois cinématographiques, et désormais artistiques. C’est ce glissement du statut des images, ainsi que l’influence des images populaires pour les jeunes générations de créateurs qui font que nous avons souhaité présenter les oeuvres d’Antonio Caballero à image/imatge.

Entre 1963 et 1978, ce ne sont pas moins de cinq cents romans-photos qu’Antonio Caballero, selon ses calculs, aurait réalisés, pour lesquels il avait la charge de producteur, d’adaptateur, de réalisateur et de photographe. Ainsi résume-t-il son quotidien de sous-traitant de romans-photos : attendant qu’on te donne un scénario. Si ce jour-lˆ le directeur était de bonne humeur, il te disait : " Dis donc Caballerito, lis-moi ce scénario ". Je le lisais et suggérais quels artistes, quelle distribution il fallait prendre : Untel pour ce personnage, Untel pour celui-ci.
(...)
Comme il arrive souvent avec les récits en image destinés à la consommation de masse, les séquences de Caballero sont les pièces et l’échiquier d’un jeu où s’inscrivent les lectures individuelles, jeu de miroir où, comme dit la chanson, chaque tête est un monde. Le scénario, en passant de la machine à écrire à la rue, où il est scénographié dans un décor de parcs, de restaurants, de passages à niveau, de chambres à coucher et de cuisines se livre à la rumeur du monde, à ses distractions, à ses interstices et à ses points de fuite.
Il suffit de faire taire son discours ou d’en modifier le sens, d’oublier les références de ses textes, pour que le roman-photo parte à la dérive au fil de ses propres images ; il libère alors son catalogue de gestes, d’objets, d’actions et de décors. Ce qui semblait un secret rendez-vous d’amour ou un adieu douloureux sur un quai de gare, pourrait bien n’être qu’une conspiration de nos pensées les plus obscures.


Alfonso Morales
extraits de Les routes de la passion,
éditions Toluca, 2005